Signature d’une convention entre l’AFD et le Ministère de l’Enseignement primaire et secondaire

Discours de M. Nicolas Warnery, Ambassadeur de France au Togo

Signature de la convention de financement de l’AFD au bénéfice du Ministère de l’enseignement primaire et secondaire

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Monsieur le Ministre de l’Economie et des Finances,

Monsieur le Ministre des Enseignements Primaire et Secondaire,

Messieurs les ministres,

Monsieur le Secrétaire général,

Monsieur le Directeur de l’Agence Française de Développement

Distingués invités,

Mesdames, Messieurs,

Nous avons le plaisir aujourd’hui de signer une nouvelle convention de financement de l’Agence Française de Développement au bénéfice de l’Etat togolais et plus particulièrement du Ministère des Enseignements Primaire et Secondaire.

La cérémonie qui nous réunit ce jour m’offre l’occasion de réaffirmer l’engagement de la France à soutenir les efforts entrepris par le gouvernement pour mettre en place un système de formation qui réponde aux enjeux de notre époque et aux besoins de la population. Cet engagement s’inscrit dans la droite ligne du Plan Sectoriel de l’Education (PSE) adopté par le gouvernement en 2010 et actualisé en 2013. Ce PSE montre les liens existant entre les différents segments de la formation et c’est pourquoi la Coopération Française, tant avec les appuis de l’AFD qu’avec ceux du Service de Coopération et d’Action Culturelle, est présente à vos côtés sur les différents segments du système éducatif ; de l’enseignement primaire à l’enseignement supérieur, en passant par la formation professionnelle et technique et à présent l’enseignement secondaire.

Avec un montant de huit millions d’euros, soit près de 5.248 milliards de Francs CFA, ce financement constitue la première opération de l’AFD au niveau du premier cycle de l’enseignement secondaire.
Force est de constater que, face à des besoins croissants du fait de l’augmentation très rapide de la population, la situation de l’enseignement dans les collèges togolais s’est fortement dégradée. A l’heure actuelle, on compte en moyenne 50 élèves pour un seul enseignant, et près de 65 élèves par salle de classe. Seulement 37% d’une génération d’enfants parvient à achever le cursus du collège. Le taux de redoublement, de 23%, reste très élevé et favorise, hélas, l’abandon en cours d’étude. La scolarisation des jeunes filles est particulièrement préoccupante puisque l’indice de parité ne dépasse pas 70%. Les attentes de la population sont extrêmement fortes, comme en témoigne l’augmentation régulière du nombre de collèges d’initiative locale (CEGIL) dont les paillotes sont visibles partout dans la campagne togolaise. Ces phénomènes démographiques doivent être anticipés et maîtrisés.

Le projet dont nous venons de signer la convention de financement appréhende le collège comme prolongement logique de l’enseignement primaire dans une perspective d’enseignement fondamental étendu à 10 ans. Les études internationales ont en effet montré qu’une maîtrise définitive -c’est-à-dire pendant toute la vie- des compétences de base (savoir lire, écrire et compter) n’est rendue possible qu’à l’issue d’un parcours éducatif d’une durée de 9 à 10 ans.
Or, cette nouvelle vision nécessite une réforme en profondeur du collège togolais. Les simulations de politique éducative ont clairement montré que la simple extension du système actuel n’est pas soutenable financièrement. Il convient donc d’inventer le collège de demain, présentant un mode de fonctionnement plus souple, disposant d’enseignants pluridisciplinaires, et capable de s’étendre sur l’ensemble du territoire, y compris les zones plus reculées. La plupart des pays de la sous-région sont soumis aux mêmes contraintes. Les nouvelles formules sont connues et leur mise en œuvre a permis, comme au Ghana, de permettre l’accès au collège à toutes et à tous.
Le « Projet d’appui à la réforme du collège » (PAREC), dont la convention est signée aujourd’hui, vise donc à créer les conditions favorables pour la mise en place d’une réforme des collèges en vue de pouvoir répondre aux défis que représente l’atteinte des objectifs du millénaire.

Il s’agira notamment :
i) de déployer un modèle de collège de proximité dans les zones rurales en mobilisant les communautés dans deux régions prioritaires, Maritime et Plateaux, et mettant l’accent sur la scolarisation des jeunes filles ;
ii) d’améliorer la qualité de l’enseignement dans les collèges en appuyant la formation initiale et continue des professeurs, en mettant l’accent sur la maîtrise de l’enseignement pluridisciplinaire, et en renforçant l’encadrement de proximité des établissements ;
iii) de promouvoir une réforme de la gouvernance des collèges pour améliorer l’efficacité de la gestion des établissements et le pilotage du sous-secteur.

Dans le prolongement du projet qui vient de s’achever (Projet Éducation pour tous au Togo – EPTT), ce nouveau concours vise également à appuyer le dispositif de formation initiale des instituteurs récemment mis en place par le MEPS dans les trois et bientôt six Écoles normales d’instituteurs (ENI) du pays. Il y a trois semaines l’Ambassade de France a participé à l’émouvante cérémonie de remise des diplômes de la toute première promotion d’instituteurs formés à l’ENI de Tabligbo. Je tiens, au passage, à féliciter le Ministère des Enseignements Primaire et Secondaire pour la réussite de cette importante réforme.

Et je profite de l’occasion pour attirer l’attention du gouvernement sur la nécessité de procéder rapidement à l’affectation des jeunes diplômés dans les écoles, au lancement du concours de recrutement pour la nouvelle promotion d’élèves-maîtres, ainsi qu’à la nécessité de former les professeurs qui doivent intégrer les nouveaux ENI.
Dans la cadre du futur concours de l’AFD, le pilotage, la gestion et la gouvernance des ENI seront renforcés. Un accent sera tout particulièrement porté sur la qualité de la formation initiale à travers l’intégration des méthodes de pédagogie active dans les pratiques des futurs enseignants.

Avec ce nouveau financement, l’AFD élargit son appui au dispositif togolais de formation au niveau du sous-secteur des collèges. Pour rappel, l’AFD est partenaire du Togo dans le secteur de l’éducation depuis 2002. Deux projets ont été consacrés à l’enseignement de base – Appui à la scolarisation du Nord Togo (ASNT) & Éducation pour tous au Togo (EPTT). L’AFD soutient également la modernisation de la formation professionnelle et notamment la création d’un Centre de Formation aux Métiers de l’Industrie à Lomé.

De son côté, le Service de coopération et d’actions culturelles (SCAC) mène des projets dans les secteurs de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de la francophonie.

L’appui de la France porte donc sur l’ensemble des différents maillons du système éducatif togolais. Nous savons tous que l’éducation est à la base du développement économique et social d’un pays.
Je souhaiterais conclure en formulant mes vœux les plus sincères de réussite pour cette nouvelle coopération entre la France et Togo.

Je vous remercie.

Seul le prononcé fait foi

Dernière modification : 18/03/2014

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